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La santé : un enjeu global

Dernière mise à jour : 28 févr. 2021

"La santé est une responsabilité partagée qui suppose l'accès équitable aux soins essentiels et la défense collective contre les menaces transnationales". Cette phrase, nous la devons Margaret Chan, Directrice de l'OMS de 2007 à 2017. Nous en comprenons peut-être tous son sens depuis l'épidémie du COVID-19 qui a révélé au monde combien la santé était un enjeu global du point de vue géographique, politique, individuel et environnemental.






Santé et espérance de vie dans le monde


Alors que l'espérance de vie mondiale a augmenté de 5 ans, 10 principales causes de mortalité ont été responsables de 55 % des 55,4 millions de décès survenus dans le monde. Parmi elles, on retrouve globalement : les maladies transmissibles (infections des voies respiratoires basses, infections néonatales, maladies diarrhéiques), les maladies non transmissibles (AVC, diabète, Alzheimer) et les traumatismes (accidents).


Espérance de vie moyenne selon les différents pays :


Il est intéressant de souligner le fait que les Etats-Unis, qui dépensent le plus d'argent dans le monde en ce qui concerne la santé, n'ont pas l'espérance de vie la plus haute. Il s'agit certainement d'enjeux liés aux comportements (sédentarité, malbouffe, sur-médication....).


Santé et mortalité infantile dans le monde


La mortalité infantile est un énorme danger qu'encoure les pays les plus démunis. En 2015, plus de 16 000 enfants de moins de 5 ans sont mort par jour. Les enfants en Inde continuent à mourir de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, qui demeure la plus grande tueuse d'enfants. Le tétanos néonatal reste lui aussi un problème majeur.


Ces enfants pourraient pourtant être sauvés s'ils avaient accès à des soins de bases comme des vaccins, des médicaments ou des interventions simples à des prix abordables.


Taux de mortalité par pays des enfants de moins de 5 ans :



Santé et inégalités socio-économiques dans le monde


Si l'on regroupe les 10 maladies les plus mortelles à travers le monde ce ne sont pas les mêmes qui touchent les pays riches et les pays pauvres.



  • Dans les pays pauvres, les milieux disposent de faibles ressources et les individus son nettement plus touchés par des maladies transmissibles tel que : le VIH, la Tuberculose, le Paludisme.


Moins le niveau socio-économique d’une personne est élevée, plus le risque de mauvaise santé est grand. Il est plus que vital d'investir dans les ressources sanitaires et d'apporter l'accès aux soins important mais il est également nécessaire de faire de la prévoyance en ce qui concerne l'importance et les risques que peuvent causer nos mauvaises habitudes (maladies chroniques, cancer).



Globalisation , Les nouveaux défis de la santé mondiale


Aujourd’hui nous devons faire face à de nouveaux défis. La menace de pandémie mondiale est devenue une réalité, nous l’avons vu avec le SRAS ou encore la Covid-19 qui ont causé plus d’un million de décès dans le monde. Nous savons aussi que désormais nous sommes de plus en plus résistants aux antibiotiques, suite à leur surutilisation. Nous devons également faire face à des problèmes liés au déterminants sociaux ou environnementaux.


Cet ensemble représente les 4 piliers de la santé individuelle* schématisés ci-dessous





Il existe 4 facteurs majeurs qui son directement liés à notre santé. Chacun d'entre eux est nécessaire à notre équilibre. Si l'un des 4 éléments n'est pas acquis, il sera difficile pour nous d'aspirer à une parfaite santé comme défini par l'OMS à savoir «La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité»


Certains de ces piliers sont personnels comme notre génétique, ou notre comportement (tabac, alcool, alimentation), d'autres ne dépendent pas directement de nous, comme le système de soins dont on dispose ainsi que l'environnement dans lequel nous nous trouvons.



Santé individuelle et déterminants génétiques


Les gènes sont les composantes biologiques fondamentales qui déterminent les caractéristiques biologiques uniques de chaque personne. Le bagage génétique d'un individu influera sur sa capacité à résister aux risques environnementaux et sociaux pour la santé.


Les maladies génétiques les plus connues sont : la mucoviscidose, la trisomie 21, la neurofibromatose de type 1, l'hémophilie, la myopathie.


Santé individuelle et système de soins


Les systèmes de soins ont une influence majeure sur la santé individuelle. Les possibilités d'accès aux soins, la présence de professionnels de santé formés, l'équipement des établissements de soin et l'accès aux médicaments sont quelques exemples de ce qui permet d'optimiser le fonctionnement des systèmes de soins.


Santé individuelle et comportements individuels


La plupart de nos comportements de vie influe directement sur notre santé. Ainsi, la mauvaise alimentation, la sédentarité et le tabagisme sont associés aux maladies chroniques les plus mortelles. C'est-à-dire, le diabète, l’asthme, l’ostéoporose, l’obésité, les cancers des poumons.


Aujourd'hui 5,1 millions de morts par an dans le monde dû au tabagisme actif et 600 000 décès, dû au tabagisme passif*.


L'alcool tue environs 3 millions de personnes dans le monde chaque année, ce qui représente un mort sur vingt (OMS).




Quant à la malnutrition, il faut savoir qu'un adulte sur trois est obèse ou en surpoids ce qui représente 1,46 milliards de personnes à travers le monde alors que les problèmes de sous nutritions persistent : 800 millions de personnes souffrent de la faim. Selon le sociologue Jean-François Dortie, « Les excès de nourriture tuent aujourd’hui plus que la faim ».

L'épidémie d'obésité est assurément lié à la transition nutritionnelle et l'absence d'accès à l'eau potable dans certains pays (qui poussent à la consommation de soda).


Il est intéressant de noter qu'au niveau mondial les femmes sont plus touchées par l'obésité et le surpoids que les hommes. Cela est probablement lié à la sédentarité, le niveau économique et les kilos de grossesses accumulées des femmes à travers le monde.



Le principal problème n’est donc pas le manque de nourriture, mais la répartition inéquitable entre les régions du monde et les individus. En effet la production agricole actuelle, si elle était plus équitablement répartie dans le monde et entre les individus permettrait de satisfaire les besoins de tous à un niveau acceptable.

Différentes stratégies de santé publique peuvent mener à améliorer les habitudes de vie et à changer les comportements. Il faut prévenir les risques en faisant la promotion d’une alimentation saine, d’un mode de vie actif et du non-usage du tabac et alcool.



Santé individuelle et environnement


Autrefois décriée, aujourd'hui l'impact de l'environnement sur notre santé n'est plus remise en question . Pollution de l'air, de l'eau, déforestation, équilibre de la biodiversité, l'ensemble de ces facteurs ont un impact majeur sur la santé individuelle et collective.


Si nous prenons le simple exemple de l'accès à l'eau dans les pays, celui-ci représente un enjeu majeur en termes de santé, de dignité et de lutte contre les inégalités. La consommation d’une eau de qualité alliée à une hygiène de proximité permet d’améliorer sensiblement les risques liés aux maladies hydriques, comme les diarrhées ou le choléra, qui sont la deuxième cause de mortalité infantile. Dès qu’il y a une discontinuité de service, on observe une recrudescence des épidémies de choléra par exemple. Pourtant, un centre de soins sur quatre* dans le monde n’a pas d’eau, ce qui représente une menace majeure face aux épidémies comme le coronavirus mais également pour la préservation quotidienne d'un certain niveau de santé des populations.



One Health, environnement et zoonose


Le concept "one health" ou une seule santé en français, est mis en avant depuis le début des années 2000, avec la prise de conscience des liens étroits entre la santé humaine, celle des animaux et l’état écologique global.


La plupart des maladies humaines infectieuses ont une origine animale. On parle alors de zoonose. De nombreuses pandémies, comme la Covid-19, les virus Zika et Ebola, la grippe aviaire ou encore le Sida, ont en commun de provenir d'animaux sauvages. Le nombre des grandes épidémies au niveau mondial s'est accéléré depuis un siècle, à mesure de l’accroissement de la population mondiale, de l’intensification des transports de la dégradation de l’environnement et du développement des villes.



L’activité humaine joue ainsi un rôle majeur dans la propagation de maladies infectieuses : La déforestation a par exemple mis en contact les animaux sauvages et ceux d’élevage, facilitant le passage de nouvelles maladies à l’homme. On est de plus en plus proches des animaux sauvages comme la chauve souris porteuses de nombreux pathogènes.

Le réchauffement climatique va favoriser des modifications de l'environnement qui va avoir des impacts sur la faune et la flore puis finalement sur la propagation de ces maladies. Le changement climatique permet notamment l’adaptation d’animaux vecteurs de maladies, comme les moustiques, les moucherons piqueurs ou les tiques, à de nouvelles zones géographiques, ce qui augmente la propagation des pathogènes.




Les épidémies mondiales s'accélèrent ainsi du fait des conditions environnementales et comportementales de l'homme. La globalisation accélérant les échanges commerciaux et touristiques entre les pays, ces maladies se transportent donc de plus en plus vite à travers le monde.




Pour réduire les risques des zoonoses, les pandémies, et les problèmes de santé il est important de développer une vision globale non-individualiste. Il est important de comprendre que nous sommes tous liés. En effet comme nous l'a montré la malaria, le sida ou bien la covid, avec la mondialisation, les maladies présentes chez nos voisins se transmettent d'un individu à l'autre à une vitesse folle.



C’est donc en réduisant les inégalités, en développant de nouvelles solidarités et en préservant l’environnement de chacun que nous pourrons agir efficacement sur les déterminants socio-environnementaux de la santé. L'entraide reste la clé de la réussite.


Nous constatons que le fait de lutter contre les inégalités en santé à travers le monde est bénéfique pour les pays pauvres et les pays riches. Grâce à l'appui des uns et des autres dans le monde, nous contribuerons à l'autonomie de chaque pays. Cela permettrait de dissoudre plus vite et plus facilement les pandémies, ainsi que les maladies.


Pour pallier ces problèmes, l'ONU a décidé de se fixer 17 objectifs pour 2030 : Les Objectifs de Développement Durable (ODD). Ils correspondent aux défis mondiaux que l'ensemble des pays doivent relever pour parvenir à un monde meilleur pour tous. Ces enjeux sont bien sûrs interconnectés .



Chez Lucky Link, nous nous efforçons d'agir à notre échelle sur l'objectif n°3 (La Santé) et n°17 (Les partenariats). En effet, nous croyons profondément en la force des partenariats pour relever les grands défis de la santé. Nous essayons de faciliter ces partenariats afin de concrétiser des projets à impact positif qui contribueront à apporter la bonne santé et le bien-être des populations.


Sources :

https://www.who.int/features/factfiles/global_burden/fr/

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/the-top-10-causes-of-death

https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/zoonoses


*Cet article est largement inspiré de l'intervention d'excellence sur la Santé mondiale au Master suivi par Oriane Bismuth de Gestion et Politiques de Santé de Sciences Po de Madame Dr Veber Florence, Directrice de la délégation aux affaires internationales - Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) (Paris)

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